En Nouvelle-Aquitaine, les sols argileux réagissent fortement aux variations d’humidité. Après les épisodes de sécheresse, l’hiver apporte des pluies prolongées qui réhydratent les argiles : le sol “gonfle”, exerce des poussées et peut déplacer localement les fondations. À l’échelle d’une maison, ces mouvements différentiels se traduisent par des fissures en façade, des portes qui coincent, des plinthes qui se décollent ou des planchers qui se déforment. L’enjeu est de distinguer le cosmétique du structurel et de traiter la cause (eaux pluviales, drainage, appuis) plutôt que le seul symptôme.
Comprendre le phénomène
Les argiles se contractent lorsqu’elles sèchent (retrait) et se dilatent lorsqu’elles se réhydratent (gonflement). Les variations saisonnières créent des tassements différentiels : une zone de fondation bouge plus qu’une autre (proximité d’un arbre, exutoire d’eaux pluviales, nature hétérogène du sol). Ces contraintes se manifestent souvent par :
- fissures obliques au niveau des ouvertures,
- fissures en escalier dans les maçonneries,
- désaffleurements entre deux parties d’ouvrage.
Indices d’alerte à l’entrée de l’hiver
- Fissures qui évoluent après les premières pluies (ouverture mesurable, propagation).
- Traces d’humidité au pied des murs (salpêtre, auréoles), peinture cloquée en intérieur.
- Affaissement ponctuel de seuils, menuiseries qui frottent.
Dès que l’un de ces signaux apparaît, une lecture structurelle s’impose. Notre page dédiée à l’expertise structurelle du bâtiment détaille le déroulé : inspection, identification des causes, hiérarchisation des mesures.

Prévenir et corriger : bonnes pratiques
- Gérer les eaux pluviales (EP) : gouttières propres, descentes étanches, regards fonctionnels, exutoire efficace. Éviter toute stagnation d’eau au pied des murs.
- Maîtriser la végétation : éloigner ou tailler les grands sujets proches des fondations (variations locales d’humidité).
- Protéger les soubassements : réglage des pentes de terrain, traitements anti-capillarité si nécessaire.
- Corriger les points singuliers : joints de dilatation manquants, extensions mal raccordées, appuis sous-dimensionnés.
- Si besoin, conforter : renforts localisés, reprises en sous-œuvre ou micropieux après diagnostic chiffré.
Exemples de cas traités
- Infiltrations et cave humide : après une inondation, nous avons investigué un mur mitoyen et un plancher haut cave dégradés ; la cause principale venait d’un trop-plein de puits mal entretenu (réalisation :
https://bativisionexpertise.com/realisations/expertise-inondation-cave-humidite/). - Réseaux d’eaux pluviales défaillants : à Cissac-Médoc, nous avons relevé un non-respect des règles de l’art sur un réseau d’évacuation primaire, aggravé par un sol argileux (réalisation :
https://bativisionexpertise.com/realisations/expertise-reseau-evacuation-cissac-medoc/).
Achat/vente en période hivernale
Si vous achetez ou vendez un bien en hiver, une fissure active ou des soubassements humides nécessitent un avis objectif. L’expertise avant achat immobilier permet d’évaluer le risque structurel et le budget de remise en état pour décider et négocier sereinement.



